
À l’approche des élections présidentielle et législatives en Guinée-Bissau le 23 novembre 2025, le chef de l’opposition Domingos Simoes Pereira annonce son retour au pays. Six ans après la crise lors de la présidentielle de fin 2019, ce scrutin s’annonce tendu. Le Parlement est dissous depuis décembre 2023 et le président Umaro Sissoco Embalo est candidat à sa propre succession.
Le
15 Sep. 2025 à 12h45
selon nos confrères de TV5 Monde.
Philippe Randrianarimanana
TV5MONDE
Depuis Lisbonne au Portugal, le chef de l’opposition de Guinée-Bissau, Domingos Simoes Pereira, a annoncé son retour au pays en vue des élections générales, présidentielle et législatives anticipées prévues le 23 novembre 2025. L’annonce a été faite devant la diaspora bissau-guinéenne de la capitale portugaise qui avait été invitée pour cette occasion.
Domingo Simoes Pereira est le chef du PAIGC, parti qui a lutté pour l’indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert, alors colonies portugaises, obtenue en 1974. Rival du président de Guinée-Buissau Umaro Sissoco Embalo, il ne reconnait plus ce dernier comme le chef de l’État légitime depuis le 27 février, date à laquelle son mandat s’est achevé selon lui, comme il le déclarait dans un entretien avec TV5MONDE.
Entretien avec Domingos Simoes Pereira dans le Journal Afrique de TV5MONDE, 5 mars 2025.
En 2019, la présidentielle provoque une crise électorale
Lors de la dernière élection présidentielle de novembre-décembre 2019, la Guinée-Bissau s’’est enfoncée dans une crise post-électorale quand les deux opposants d’alors Umaro Sissoco Embalo et Domingo Simoes Pereira, tous deux ex-Premiers ministres, s’étaient autoproclamés vainqueur du scrutin. Umaro Sissoco Embalo s’était auto-investi le 27 février 2020.
La Cédéao avait ensuite reconnu Umaro Sissoco Embalo comme chef de l’État en 2020. La Cour Suprême avait par la suite tranché en sa faveur. Domingos Simoes Pereira avait quitté le pays, notamment pour le Portugal.
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Le retour de Domingos Simoes Pereira en Guinée-Bissau s’inscrit dans la perspective de participer à l’élection présidentielle. Il devra obtenir l’investiture de son parti membre de la principale coalition d’opposition Pai Terra Ranka. Cette coalition avait remporté la majorité absolue aux élections législatives de juin 2023. Domingos Simoes Pereira est devenu président de l’Assemblée Nationale Populaire (ANP) et son parti héritait aussi du poste de Premier ministre attribué à Geralda Martins.
De graves troubles depuis l’indépendance du pays
Après six mois de cohabitation, le président Umaro Sissoco Emablo dissout à nouveau l’Assemblée nationale le 4 décembre 2023 – il l’avait dissoute une première fois en mai 2022 – à la suite d’affrontements entre la Garde nationale et l’armée. Le président a qualifié ces événements de « tentative de pustch« . Le gouvernement change. Domingos Simoes Pereira dénonce lui « un coup d’État constitutionnel« .
État d’Afrique de l’Ouest de 2 millions d’habitants, la Guinée-Bissau a connu de graves troubles depuis son indépendance, avec quatre putschs et un grand nombre de tentatives de coup d’État. Le président sortant, Umaro Sissoco Embalo, a depuis le mois de mars 2025 manifesté son intention de se présenter pour un second mandat, revenant sur sa promesse initiale de ne pas se représenter.
Dans le contexte des tensions politiques actuelles, le scrutin de novembre 2025 pourrait être fragilisé par un manque de consensus sur les institutions électorales en Guinée-Bissau que sont la Cour Suprême et la Commission électorale, qui doivent garantir la crédibilité des élections.
La position de la Cédéao pourrait aussi être déterminante au regard du rôle qu’elle a joué durant la crise électorale de la présidentielle de 2019.
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