Elle avait commencé par jouer au football avant de découvrir une autre manière de vivre sa passion. Depuis 2016, Bah Rabiatou s’est engagée dans l’arbitrage avec une ambition qui ne cesse de grandir. Son parcours raconte celui d’une jeune femme qui apprend à s’imposer dans un univers sportif exigeant.
Il y a parfois des rencontres qui changent une trajectoire. Pour Bah Rabiatou, l’une d’elles porte le nom de Monsieur Sow, son professeur.
À Sangarédi, où elle grandit après être née à Kamsar en 2001, la jeune fille découvre le football. Elle pratique d’abord le sport avant que son enseignant ne l’encourage à envisager une autre voie : celle de l’arbitrage.
Le conseil devient progressivement une révélation.
Rabiatou commence alors à s’intéresser aux lois du jeu et à cet univers où l’on ne joue pas avec le ballon, mais où chaque décision peut influencer le déroulement d’une rencontre.
En 2016, à Sangarédi, elle franchit le pas et débute officiellement dans l’arbitrage.
Quand une passion devient un choix de vie
Originaire de Satina, dans la préfecture de Labé, Bah Rabiatou grandit entre Kamsar et Sangarédi, deux villes marquées par l’activité minière et une forte jeunesse.
Son parcours scolaire se poursuit parallèlement à sa passion sportive. Elle obtient un diplôme en géographie, tout en continuant à développer ses compétences dans l’arbitrage.
Lorsque son mentor quitte Sangarédi pour Conakry, une nouvelle étape se présente à elle.
Après son année scolaire, elle retourne à Kamsar. Mais elle comprend rapidement que son ambition nécessite d’aller plus loin. Conakry devient alors une destination importante pour poursuivre sa formation et rechercher de nouvelles opportunités.
S’imposer dans un univers exigeant
Pour une jeune femme, choisir l’arbitrage signifie aussi accepter les exigences particulières d’un milieu sportif encore largement masculin.
Rabiatou ne présente toutefois pas son parcours comme une confrontation permanente. Elle le décrit plutôt comme une succession de défis qui lui ont permis de gagner progressivement en confiance.
Naturellement timide et réservée, elle doit apprendre à prendre la parole, à décider et à assumer ses responsabilités.
Car sur un terrain, le statut d’arbitre impose de dépasser la personnalité.
Il faut être concentré, physiquement préparé, impartial et capable de prendre une décision en quelques secondes. Il faut également savoir rester professionnel lorsque la pression monte.
Pour Rabiatou, chacune de ces exigences constitue une étape supplémentaire dans sa construction personnelle et sportive.
La formation au cœur de son évolution
Depuis ses débuts, la jeune arbitre participe à plusieurs formations et stages en Guinée et dans la sous-région.
Ces expériences lui permettent de renforcer ses connaissances des lois du football et de perfectionner sa pratique.
Chaque match devient ainsi une nouvelle occasion d’apprendre.
Cette progression repose sur une combinaison de travail, de discipline et de persévérance. Pour Bah Rabiatou, l’arbitrage n’est donc pas simplement le fait de brandir un carton ou de donner un coup de sifflet. C’est une responsabilité qui exige préparation et maîtrise.
Un exemple pour les jeunes filles
Au-delà de sa propre carrière, son parcours porte un autre message.
Bah Rabiatou souhaite contribuer à montrer aux jeunes filles qu’elles peuvent également trouver leur place dans le sport, y compris dans les fonctions qui impliquent autorité et prise de décision.
Son histoire commence loin des grandes pelouses internationales, entre Kamsar et Sangarédi. Mais ses ambitions dépassent désormais largement ces deux villes.
La jeune arbitre rêve de participer un jour à une Coupe d’Afrique des Nations et de connaître, pourquoi pas, l’expérience d’une Coupe du monde.
Ces objectifs restent devant elle et nécessitent encore du travail, de la formation et de nombreuses étapes à franchir.
Mais depuis son premier coup de sifflet en 2016, une chose semble déjà acquise : Bah Rabiatou a choisi de prendre son destin sportif en main.
Son sifflet est devenu le symbole d’une passion, d’un parcours et d’une ambition : continuer à avancer pour, un jour, faire entendre la voix de l’arbitrage féminin guinéen sur les plus grandes scènes du football.
Tima La Tigresse pour fomafoguineecom.


